Yves Lacroix

Professeur de l’Université de Toulon

Professore dell Università degli studi dell’Aquila


SEATECH/MEMOCS


Mathématiques et Sciences de l’Ingénieur

 

La loi des séries : explication                                    Almanarre : érosion  Var matin 1 Var matin 2 Var matin 3

La preuve                                                                  Thèse1, Thèse2                               

                                            

MWPS projet pôle de compétitivité                             Prix européen de l’innovation 2013.


         Installé à Toulon                                                          Le brevet.



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_________________________________ Hyères, ses plages, l’érosion littorale___________________________


   Au 01/03/2019, on dispose du rapport du ministère de l’environnement sur l’opération grand site presqu’île de Giens. On peut y lire l’orientation préconisée qui est la résilience, la relocalisation, ainsi que la destruction à échéance des constructions sur les baux emphythéotiques. Il regrette également l’absence de globalité du projet et le manque de prise en compte du risque submersion suite au porté à connaissance de la préfecture du Var sur conclusions des dernières études submersion du BRGM. Il recommande d’intégrer l’intégralité du territoire de la commune dans le périmètre OGS, et de renforcer la préservation des espaces agricoles et de l’identité architecturale/environnementale.

    On trouve ici un rapport du sénat datant de 1998, étudiant déjà les questions de politique littorale face à l’érosion : résilience ou protection? La doctrine de l’état était à l’époque de ne protéger que si les enjeux socio-économiques le justifiaient. Le rapport du ministère de l’environnement nous révèle donc l’ampleur de la politique de résilience, dans la mesure où les enjeux socio-économiques liés à l’activité littorale hyéroise sont considérables.

    Personnellement je pense qu’il faudrait sauver la plage de l’Almanarre, mais aussi Bona, Pesquiers, Ceinturon! Nos politiques s’évertuent à n’aménager que le littoral alors que ce qu’il faut c’est réduire les conditions de mer à la côte en s’occupant d’abord de l’amont pour les vagues, c’est à dire agir en mer.

    On a vu par exemple rien que l’été dernier encore un projet débile de rechargement de dune aux vieux pesquiers et de retrait des enrochements qui protégeaient la côte depuis les années 1970 : résultat, 300 k€ partis à la mer, et le littoral a perdu 10m ou plus, le sentier littoral détruit. Merci la DREAL et le Conservatoire du Littoral pour votre vision éclairée...par la mairie de Hyères?


    L’idéal selon moi serait de faire des digues sous-marines en récifs artificiels (type «reef ball», voici une simulation que nous avons réalisée en 2018, une digue selon notre modèle (cf. infra) mais réalisée en reef ball, il faudrait certainement les élargir un peu car le train d’onde «passe» à travers ce type de digue) : elles auraient l’avantage de protéger le littoral, et de redynamiser le peuplement faunistique. Et non, les digues sous marines en limite supérieure du champ de posidonies ne lui nuisent pas, il suffit de bien y réfléchir et d’arrêter de n’aborder le problème que par des discussions de comptoir ou des cabinets d’ingénierie qui travaillent au lance pierres. Attention aussi à la mode des géotubes, on a vu leur inefficacité à Cannes, ar contre au large sur le site du Lido à Sète, ils marchent très bien. Encore une fois, tout est une question de dimensionnement en fonction des données précises du site.


    La solution la plus comique que j’ai jamais entendue (qui dépasse celle de l’implantation de mangroves, oui oui), c’est celle d’un système de sacs en chanvre remplis de posidonie, qui seraient ancrés à la plage par des systèmes de tire-bouchons géants (ancrages harmony), et retirés après les coups de mer... la campagne municipale en cours à Hyères est l’occasion de voir germer tout un tas d’idées loufoques, mais pas forcément innocentes. 



    Voici un schéma d’implantation de digues à l’Almanarre (voir onglet thèses en cours ou Almanarre) : pour des digues en structures de «reef ball» il faudra des ouvrages plus volumineux car l’efficacité est légèrement moins forte, il suffira des les élargir un peu. On peut envisager de se passer de digues au-delà de B19 pour le moment. Nos digues sont hautes, larges, courtes, et pas trop espacées. Après de nombreuses tentatives (8 ans), c’est la solution qui offre à nos yeux les meilleurs performances tout en laissant de la place aux activités nautiques côtières.


                                                                                                     


Voici une présentation qui a été faite aux élèves de terminale SI du lycée Costebelle à Hyères en Septembre 2018. Elle permet au lecteur je l’espère une meilleure compréhension des mécanismes complexes en jeu pour la protection du tombolo, et notre approche solution globale.


Protections envisagées au tombolo oriental : voir la thèse de Vu. Si vous voulez des détails envoyez moi un email.


Il faut comprendre que sur le tombolo de Giens ou en général les côtes méditerranéennes, l’érosion résulte de vagues de hauteurs moyennes, et donc, les digues doivent avoir des crêtes plus hautes. Ceci est confirmé par nos simulations, mais aussi la bonne vieille théorie de Munk :

H/d<0,78==> pas de déferlement. Voici un fichier réalisé avec Michel Augias qui renvoie le calcul du coef de Munk (marées, surcôtes atmosphériques, surcôtes hydrodynamiques, et Hs hauteur significative des vagues), ce qui n’a rien à voir avec ses présentations poétiques de la situation. Voici le même fichier avec conditions de changement climatique à 50 ans.


Les techniques élémentaires anciennes et nos simulations sont parfaitement «raccord».





Voici un exemple de ce que le manque d’approche globale peut engendrer comme dérive : les Saintes Maries de la Mer... depuis google earth. Massacre à coups de digues.








Voici les géotubes vers la Croisette : trop profonds (-1m zéro hydro), ils n’ont pas empêché la municipalité et les commerçants de dépenser plus de 10M€ pour de nouveau recharger les plages, qu’ils ne protègent pas. Le rechargement a une durée de vie moyenne de deux ans sans autre protection (thèse Vu).