Yves Lacroix

Professeur de l’Université de Toulon

Professore dell Università degli studi dell’Aquila


SEATECH/MEMOCS


Mathématiques et Sciences de l’Ingénieur

 

La loi des séries : explication                                    Almanarre : érosion  Var matin 1 Var matin 2 Var matin 3

La preuve                                                                  Thèse1, Thèse2       

                                                                                  Conseil municipal Hyères Février 2023                        

                                            

MWPS projet pôle de compétitivité                            Prix européen de l’innovation 2013 : efficacité énergétique



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_________________________________ Hyères, ses plages, l’érosion littorale___________________________

         L’érosion du tombolo occidental de la presqu’île de Giens est une longue histoire, elle remonte à la création de la route du sel et au début du développement du tourisme de masse (années 1960, 1970).

    L’érosion du tombolo est inéluctable depuis le détournement du cours du Roubaud au profit du convoyage des productions maraîchères d’un riche propriétaire du secteur de l’Ayguade, au 19ième siècle.

    Il résistait encore aux assauts de la mer par vent d’ouest ou sud-ouest, et aux ponctions répétées de sable pour la construction du port de Toulon et ses infrastructures.

    Mais en l’absence d’apports sédimentaires il n’y a pas de secret, il est voué à disparaître. Pour la partie orientale, des apports subsistent, mais ils sont amoindris par l’aménagement des berges, et la constructions d’ouvrages orthogonaux à la dérive littorale (ports, épis). Là aussi la vocation est à la disparition.

    Cet état de fait ravit les amoureux de la nature, la rade de Hyères et la presqu’île de Giens étant l’un des rares sites de la côte d’azur encore préservé de l’appétit délirant des promoteurs, lequel se nourrit du manque total de vision des politiques locaux.

    Mais au contraire il angoisse profondément les profiteurs et exploiteurs de la nature (promoteurs, mais professionnels du tourisme aussi, qui au prétexte de défendre l’emploi, ne font qu’exploiter/privatiser un accès à la nature qui est pourtant notre bien commun).

    Heureusement le ministère de l’environnement recèle encore en son sein des ingénieurs compétents et convaincus que le profit temporel des uns n’a pas à obérer l’héritage naturel de tous.

    La bagarre entre ces deux forces opposées est titanesque et de longue haleine. Nous avons tenté de comprendre de façon rationnelle, argumentée, désintéressée, et publique, au travers d’analyses poussées de la situation et de l’évolution hydrosédimentaire du double tombolo de Giens, ce qu’il faudrait faire pour le préserver, si cela était possible.

    Après, à titre personnel, je pense qu’il faut laisser faire la nature, et que ceux, qui ont fait fortune sur son dos à une époque, acceptent de lui rendre ce qu’ils lui ont pris, au profit de notre evironnement. Je ne l’ai pas toujours pensé mais quand je vois la folie de la monoculture touristique se mettre en place, je me dis qu’il n’y a pas d’autre solution que de freiner ce développement purement mercantile, aculturel.

        Il faut fermer la route du sel, la rendre aux piétons et vélos, quitte à aménager un cheminement en mode doux sur pilotis. Il faut limiter la fréquentation du site. Le petit train mis en place par la mairie ne sert quasi à rien, et les fainéants qui ne veulent pas marcher, n’ont qu’à rester chez eux.

J’invite ceux qui sont suffisament réfléchis pour lire, et non pas juste «surfer», à visiter la page suivante qui présente un web documentaire intéressant sur la rade de Hyères et le tombolo.


            Attention toutefois à ne pas tirer de conclusions trop hatives : évitons le niveau d’approximation ubuesque des discussions en conseil municipal hyérois, quels que soient les bords.... Notre solution est conçue pour ne pas engendrer de dommages colatéraux, contrairement aux affirmations non étayées de l’opposition hyéroise (Mr Martin et Hyères tout naturellement).


    Voici quelques éléments de réflexion :

- on trouve ici un rapport du sénat datant de 1998, étudiant déjà les questions de politique littorale face à l’érosion : résilience ou protection? La doctrine de l’état était à l’époque de ne protéger que si les enjeux socio-économiques le justifiaient.

  1. -au 01/03/2019, on dispose du rapport du ministère de l’environnement sur l’opération grand site presqu’île de Giens. On peut y lire l’orientation préconisée qui est la résilience, la relocalisation, ainsi que la destruction à échéance des constructions sur les baux emphythéotiques. Il regrette également l’absence de globalité du projet actuel et le manque de prise en compte du risque submersion suite au porté à connaissance de la préfecture du Var sur conclusions des dernières études submersion du BRGM. Il recommande d’intégrer l’intégralité du territoire de la commune dans le périmètre OGS, et de renforcer la préservation des espaces agricoles et de l’identité architecturale/environnementale.

  2. -TPM et la mairie de Hyères ont proposé une protection du tombolo Occidental par digue sous-marine, qui a été rejetée à juste titre par le ministère dans son rapport publié en 2022.

  3. -SEATECH (école publique d’ingénieurs) a étudié la question pendant pratiquement 10 ans, et proposé des solutions de protection des deux tombolos par des digues sous-marines correctement dimensionnées (intégrant les questions de préservation des posidonies, et de hausse du niveau marin en méditerranée). Voici un rapport que nous avons rendu sur la solution proposée par Artelia.

  4. -sous la pression des politiques locaux et suite aux informations que j’ai transmises à la préfecture du Var, une présentation de la situation et de la proposition SEATECH a été faire au préfet le 2 Mai 2022, en présence des représentants de la DDTM, DREAL PACA, et Contrat de baie Hyères.

   



                                                                                       


Protections envisagées au tombolo oriental : voir la thèse de Vu. Si vous voulez des détails envoyez moi un email.


Il faut comprendre que sur le tombolo de Giens ou en général les côtes méditerranéennes, l’érosion résulte de vagues de hauteurs moyennes, et donc, les digues doivent avoir des crêtes plus hautes. Ceci est confirmé par nos simulations, mais aussi la bonne vieille théorie de Munk :

H/d<0,78==> pas de déferlement. Voici un fichier réalisé avec Michel Augias qui renvoie le calcul du coef de Munk (marées, surcôtes atmosphériques, surcôtes hydrodynamiques, et Hs hauteur significative des vagues), ce qui n’a rien à voir avec ses présentations poétiques de la situation. Voici le même fichier avec conditions de changement climatique à 50 ans.


Les techniques élémentaires anciennes et nos simulations sont parfaitement «raccord».





















Voici les géotubes vers la Croisette : trop profonds (-1m zéro hydro), ils n’ont pas empêché la municipalité et les commerçants de dépenser plus de 10M€ pour de nouveau recharger les plages, qu’ils ne protègent pas. Le rechargement a une durée de vie moyenne de deux ans sans autre protection (thèse Vu).